Une caméra de surveillance consomme 3 à 15 W : calcul et coût annuel réel
Une caméra de surveillance domestique consomme généralement entre 3 et 15 W lorsqu’elle fonctionne en continu. Sur une année, cela représente environ 26 à 131 kWh par caméra, soit une dépense modérée. Le montant dépend surtout du temps d’enregistrement, de la vision nocturne, de la qualité vidéo et des équipements associés, plutôt que du simple fait que la caméra soit Wi-Fi ou filaire.
Watts, kWh et euros : les trois chiffres à ne pas confondre
Les watts (W) indiquent la puissance instantanée appelée par l’appareil. Les kilowattheures (kWh) mesurent l’énergie utilisée sur une durée. C’est cette unité qui apparaît sur une facture d’électricité. Une caméra de 10 W ne consomme donc pas « 10 W par heure ». Si elle reste allumée 24 h/24, elle utilise 0,24 kWh par jour.
Pour estimer la consommation annuelle d’une caméra qui fonctionne en permanence, appliquez cette formule :
Consommation annuelle (kWh) = puissance (W) × 24 × 365 ÷ 1 000
Le coût s’obtient ensuite en multipliant le résultat par le prix du kWh de votre contrat. Les exemples ci-dessous utilisent un tarif de 0,2001 €/kWh, ce qui permet de comparer les différentes puissances sur une base identique.
| Puissance continue | Consommation annuelle | Coût annuel estimé |
|---|---|---|
| 3 W | 26,3 kWh | 5,26 € |
| 5 W | 43,8 kWh | 8,77 € |
| 10 W | 87,6 kWh | 17,53 € |
| 15 W | 131,4 kWh | 26,29 € |
Ces valeurs donnent un ordre de grandeur utile : une caméra isolée pèse peu sur la facture. Avec quatre appareils de 10 W en fonctionnement permanent, la consommation atteint toutefois 350,4 kWh par an, avant même de compter le routeur, le stockage ou l’alarme.
La consommation varie selon l’alimentation et le type de caméra
Le type de connexion donne une première indication, mais il ne suffit pas à déterminer le modèle le plus sobre. Une caméra Wi-Fi conserve une liaison réseau active. Une caméra PoE reçoit à la fois les données et l’alimentation par câble Ethernet. Pour comparer deux modèles précis, la puissance indiquée par le fabricant reste la référence.
| Type de caméra | Puissance typique | Point d’attention |
|---|---|---|
| Intérieure simple | 3 à 5 W | Usage léger, sans projecteur puissant |
| Extérieure filaire | 6 à 12 W | Infrarouge et résistance aux conditions extérieures |
| PoE | 4 W en veille, 8 W active | Ajouter le switch PoE si nécessaire |
| Wi-Fi | 7 W en veille, 10 W active | Connexion sans fil maintenue en continu |
| 4G | 5 W en veille, 10 W active | Transmission mobile et qualité du réseau |
| PTZ ou haute définition | 10 à 18 W ou plus | Moteurs, zoom, suivi et traitement d’image |
| Sur batterie ou solaire | 0 W sur le réseau | Recharge, autonomie et exposition du panneau |
Une caméra solaire ne tire pas directement d’électricité du réseau, mais elle reste soumise à des contraintes énergétiques. Le panneau doit recevoir assez de lumière pour compenser les déclenchements, les séquences nocturnes et les périodes froides. Cette solution convient à une entrée éloignée, à un terrain ou à un chantier sans prise électrique. Elle est moins adaptée à un emplacement très sollicité et mal exposé.
Ce qui fait réellement monter la consommation
L’enregistrement continu est le facteur le plus visible
Filmer et enregistrer 24 h/24 maintient le capteur, le processeur et la transmission vidéo dans un état de travail soutenu. À titre de repère, une caméra à 10 W en enregistrement continu représente 87,6 kWh par an, pour environ 17,53 €. Une programmation sur 12 heures par jour peut ramener la puissance moyenne à 6,5 W, soit 57 kWh et 11,41 € par an.
La nuit et les fonctions avancées mobilisent davantage l’appareil
Les LED infrarouges de vision nocturne, un projecteur LED, l’audio bidirectionnel, la résolution 2K ou 4K, l’intelligence artificielle de reconnaissance et le suivi automatique demandent plus d’énergie. Une caméra PTZ doit aussi alimenter ses mécanismes de rotation, d’inclinaison et de zoom. Ces options peuvent répondre à un besoin précis dans une zone d’accès sensible. Elles sont moins utiles pour surveiller en continu un couloir peu fréquenté.
Le verrou énergétique se trouve parfois hors de la caméra
Lorsqu’un système semble étonnamment gourmand, regardez au-delà de la caméra. Un NVR avec disque dur, un switch PoE, une box Internet et la consultation fréquente des flux à distance consomment eux aussi de l’électricité. Calculer uniquement les watts inscrits sous la caméra conduit à oublier l’infrastructure qui enregistre et transporte l’image.
Pour une installation à plusieurs canaux, mesurez séparément la prise du NVR et celle du switch avec un wattmètre. Vous connaîtrez ainsi le coût d’exploitation réel de chaque élément et les équipements sur lesquels agir.
Détection de mouvement ou enregistrement : quel impact sur la facture ?
La détection de mouvement laisse la caméra dans une veille active et déclenche l’enregistrement lors d’un passage. Dans une zone peu animée, elle réduit le temps consacré au traitement et au stockage de la vidéo. Un scénario de référence associe 3 W en veille et 8 W pendant les déclenchements, pour une puissance moyenne de 3,2 W. La consommation atteint alors environ 28 kWh par an, soit 5,60 €.
Face à un enregistrement continu à 10 W, l’économie atteint 68 %, soit environ 11,93 € par caméra et par an avec le tarif utilisé dans cet article. Pour quatre caméras, le gain s’élève à environ 47,72 € par an. Cette solution n’est toutefois pas universelle. Une rue passante, un commerce ou une zone où chaque minute doit pouvoir être reconstituée peut nécessiter un enregistrement permanent ou programmé.
- Détection de mouvement : adaptée à une entrée, un garage ou un jardin calme, elle limite aussi le volume d’archives.
- Enregistrement programmé : pertinent pour couvrir les nuits, les week-ends ou les heures de fermeture.
- Enregistrement continu : à réserver aux zones réellement critiques et aux besoins de preuve sans interruption.
Choisir et réduire la consommation sans affaiblir la surveillance
Avant l’achat, consultez la fiche technique et recherchez deux valeurs : la puissance typique et la puissance maximale. La seconde peut correspondre à une situation exigeante, par exemple l’activation simultanée de l’infrarouge, du Wi-Fi et d’un projecteur. Si la fiche indique seulement les caractéristiques de l’alimentation, ne confondez pas la capacité maximale de l’adaptateur avec la consommation réelle de la caméra.
- Activez des zones de détection précises pour ignorer la rue, les branches ou les passages inutiles.
- Programmez l’enregistrement selon les heures où le risque est réel.
- Choisissez une résolution proportionnée à la distance à surveiller. Une image plus lourde exige davantage de traitement, de débit et de stockage.
- Désactivez les projecteurs et les fonctions motorisées qui n’apportent pas de bénéfice concret pour la sécurité.
- Pour une installation complète, calculez séparément la consommation des caméras, du NVR, du disque dur, du routeur et du switch PoE.
Enfin, un wattmètre branché entre la prise et l’adaptateur reste la méthode la plus fiable pour connaître la consommation électrique réelle. Relevez une mesure de jour, une autre de nuit avec l’infrarouge, puis une dernière pendant un enregistrement ou une consultation à distance. Vous pourrez ajuster les réglages à partir de mesures concrètes, sans réduire la couverture nécessaire.



